Référendum en Irlande. Volez au secours de l’Europe

Vous aimez l’idée de l’Union européenne et voyager est une seconde nature chez vous ? Allez en Irlande défendre le oui dans le cadre de la campagne référendaire sur le traité de Lisbonne.

Le groupe Europe for Ireland qui soutient la construction européenne lors de cette élection propose aux européens qui le souhaitent de leur payer le billet d’avion pour rejoindre ses équipes de militants. La seule condition est de militer effectivement pour le oui, sinon les organisateurs ne donnent pas le billet retour. Cette initiative vise, dans les derniers jours de la campagne, à mobiliser les indécis. Rien ne dit qu’une Guinness, qui fête son 250ème anniversaire cette année, ne sera pas offerte en prime.

Cette initiative, somme toute médiatique, montre que le résultat du scrutin du 2 octobre est plus ouvert qu’il n’y paraît.

L’an dernier, le peuple irlandais avait refusé à 53% le traité de Lisbonne. Les derniers sondages montrent qu’il y est aujourd’hui favorable à hauteur de 55%. Néanmoins, ces intentions de vote sont en chute libre, avec moins 7% en l’espace d’une semaine.

Les irlandais auront pourtant été choyés durant ces derniers mois par Bruxelles. Suite à une intense campagne de lobbying, ils ont ainsi obtenu de conserver leur neutralité militaire en cas de conflit qui concernerait l’Union européenne, ce qui témoigne certes d’un bel esprit pacifiste mais aussi d’un manque de solidarité, ainsi que des concessions sur la question de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), toujours interdite en Irlande.

Retour à la réalité

La verte Erein est dans une situation économique difficile. L’âge d’or de l’explosion des services pour le compte des autres pays européens semble révolu. Ce qui fait dire à Maura Stewart, irlandaise et spécialiste de la politique en Europe : « L’économie irlandaise commençait à s’essouffler quand les Irlandais ont été appelés aux urnes le 12 juin 2008. Depuis, il a été le premier pays de l’UE à entrer en récession. Son taux de chômage est actuellement de 12,2% par rapport à 4-5% durant les Douze glorieuses du Tigre celtique (1995-2007) et les statistiques prévoient une hausse encore jusqu’à 15-16% d’ici fin 2010. On évalue un déficit budgétaire de 11% pour cette année. Bref, le tigre fier qui rugissait est maintenant remplacé par un chat maigre, effrayé qui tremble ».

« La différence entre l’Islande (pays en quasi faillite suite à la crise financière) et l’Irlande ? Un S », plaisante-t-on dans les rues de Dublin. Tant qu’il y a de l’humour, il y a de l’espoir.

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