Eruption en Islande. Les compagnies aériennes prient les gouvernements de voler à leur secours

L’interruption du trafic aérien suite à l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande a entraîné de nombreuses conséquences pour les passagers devenus prisonniers des aéroports le temps que le trafic revienne à la normale. Mais les compagnies aériennes ne sont pas épargnées non plus. C’est le sens du message que l’Association des transporteurs aériens (IATA) veut faire passer aux états. Dans un communiqué de presse, l’Iata indique que l’éruption est « le fait de Dieu, en dehors de la responsabilité des compagnies aériennes ». Le recours à la mythologie a pour objectif de dédouaner les compagnies des responsabilités qui sont les leurs, au sens de la loi, concernant l’indemnisation des passagers. Elles demandent ainsi que les états revoient les principes d’indemnisation, notamment les frais induits par l’annulation des vols, ceux des allocations de créneaux d’atterrissage et de décollage, et sur les vols de nuit.

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Et de rappeler les mesures prises après le 11 septembre, 5 milliards d’aides allouées par le gouvernement américain par exemple. Dans une mauvaise passe financière, suite à la crise qui touche l’économie mondiale, même si la situation se redresse par rapport à l’an dernier, les transporteurs chiffrent à 1,7 milliard de dollars la perte de revenus suite à l’épisode volcanique islandais. Ce à quoi il faut ajouter les frais d’indemnisation et retirer les dépenses non réalisées du fait que les avions n’ont pas volé, à savoir le kérosène par exemple, dont l’IATA indique que la facture a baissé de 110 millions de dollars par jour de non-vol. Et le prix du kérosène reste clairement orienté à la baisse sur les marchés. La question du CO2 est d’ailleurs une question qui préoccupe l’industrie aérienne sur la question de la compensation carbone.

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La question qui est posée est de savoir qui paie finalement quand le principe de précaution, vorsoge prinzip en allemand, est appliqué. Déjà l’état français prévoit des mesures d’accompagnement pour le secteur économique des voyagistes. Dans l’édition de ce mercredi des Echos, on peut ainsi lire : « Ainsi, la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) a chiffré à 200 millions d’euros la perte en termes de chiffre d’affaires pour cause d’avions cloués au sol, l’association des tour-opérateurs français Ceto faisant d’état d’un manque à gagner en termes de marges de 30  millions, le Syndicat national des agents de voyages (Snav) avançant, lui, le montant de 25 millions en termes de volume d’affaires perdu pour la billetterie, sur la base d’une moyenne mensuelle de l’ordre de 500 millions ». Des chiffres qui nécessitent d’être affinés avec le temps pour prendre en compte les voyages qui n’auront été que décalés dans le temps, les réelles pertes de marge… Et Laurence Parisot, la présidente du Medef, de demander un fonds spécial pour les compagnies aériennes. Ce qui reviendra, il faut s’intéresser à ce point tout de même, à faire payer par ceux qui ne prennent jamais l’avion, les désagréments de ceux qui l’utilisent.

L’interrogation porte désormais sur le champ d’action d’un tel principe d’aides. Où s’arrêtera-t-il ? Quid des distributeurs qui n’auront pas reçu des produits livrés par avion et donc n’auront pas pu les vendre, des commerces des zones aéroportuaires, des taxis qui n’auront pas pris de passagers ces jours-là ?

Le volcanEyjafjöll,  a peut être baissé en intensité mais les conséquences de son éruption risquent d’être longtemps brûlantes.

Cadeau bonus.

Voici une vidéo qui montre 24 heures de trafic aérien, les données datent de 2008. On voit clairement l’importance du trafic vers ou depuis l’Europe. Mais aussi l’intensité du trafic domestique en Europe, aux USA, dans l’est de la Chine et dans le sud de l’Inde.

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Commentaires

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