Energie nucléaire. Deuxième partie. Les nucléophobes

Dans la famille énergie nucléaire, après les nucléocrates, je demande les mauvais petits canards. Opposants à l’énergie nucléaire devant l’éternel, les nucléophobes considèrent qu’il est grand temps d’arrêter les frais compte tenu des risques qui pèsent sur cette technologie en cas de catastrophes.

On trouve au premier rang d’entre eux les écologistes. Via leur parti politique, les Verts, ou des ONG, ou encore des associations d’associations, leur activisme ne faiblit pas.

Le nucléaire étant installé dans notre pays depuis plus de 60 ans, il s’agit pour eux de mobiliser l’action publique faute de pouvoir agir sur les parlementaires.

Le sensationnel pour sensibiliser

Pour Greenpeace par exemple, cela passe par l’invitation systématique des caméramans et des photographes à chacune de ses incursions près des centrales nucléaires. La photo ci-dessous le démontre. Elle a été prise en Belgique à l’occasion d’une campagne dénonçant le nucléaire dans ce pays.

centrale-nucleaire-de-tihange

L’association écologiste fut également très prompte à réagir suite à la proposition de prolongation de la vie des centrales nucléaires début juillet 2009 : « « L’arrêt des centrales en fin de vie est une très bonne occasion de sortir de l’énergie nucléaire. Toute prolongation est contraire à la volonté annoncée d’une politique ambitieuse d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelable ! ajoute Yannick Rousselet. La construction en cours des EPR doit être arrêtée, aucun autre projet ne doit voir le jour et les centrales actuelles doivent être remplacées le plus tôt possible par l’efficacité et les renouvelables. »

Sortir du nucléaire, un réseau de 841 associations

Sortir du nucléaire est un réseau français fort de 841 associations locales ou nationales, spécialisées ou généralistes, mues par une volonté : « sortir du nucléaire »

L’un des animateurs de ce réseau, Stéphane Lhomme, a été sur le devant de la scène ces dernières années. L’affaire est ainsi résumée par l’association : « En novembre 2003, le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle qu’il détient un document confidentiel défense issu d’EDF qui reconnaît que, contrairement à ce que prétendent les autorités françaises, le réacteur français EPR n’est pas conçu pour résister à un crash d’avion de ligne (voir notre dossier Document confidentiel défense). Ce document a été évoqué à de nombreuses reprises dans la presse, et a jeté le trouble sur le débat public officiel organisé en 2005 et 2006 sur le réacteur EPR : la Commission nationale du débat public a même censuré (voir ici, page 90) la contribution de « Sortir du nucléaire » qui évoquait le fameux document ».

Et de rappeler que « dans son édition du 8 avril 2009, le Canard enchaîné affirme que, depuis 2006, EDF a placé Stéphane Lhomme sous surveillance par le biais de sociétés privées. Le magazine Le Point, dans son édition du 23 avril 2009, affirme que « La boîte mail de Stéphane Lhomme aurait été espionnée grâce à un contact chez Wanadoo ».

On trouvera le document Confidentiel Défense ici.

L’association fournit une littérature très fournie et argumentée sur son site internet. Elle propose ainsi aux internautes des versions commentées des émissions télévisées, des publicités portant sur le nucléaire. Notamment cette émission diffusée sur France 5 dans l’émission C’est dans l’air.

Elle a également organisé un concours de films courts et sélectionné certains d’entre eux.

Depuis plusieurs semaines, elle informe ses sympathisants de la mobilisation, promises à être d’une grande envergure pour la fermeture de la centrale de Fessenheim, « la plus vieille centrale nucléaire de France ». Ses inquiétudes portent notamment sur la question de la sûreté nucléaire.

Souvent opinion varie

Difficile de dire si l’opinion publique bouge sous l’effet de ces revendications. Dans ce sondage, 2/3 des français y sont favorables.

81% pensent que la technologie représente un risque. 56% pensent que l’on peut baisser la part du nucléaire dans la production d’énergie. Dans un autre, 62% des français indiquent être favorable à la poursuite d’investissements dans le nucléaire.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ces différences, voire ces contradictions. Le sondage en lui-même, et son mode d’administration, le contexte du moment et enfin le degré d’informations sur cette question complexe. C’est d’ailleurs l’un des arguments forts des anti-nucléaire qui réclament un débat national notamment sur les EPR, comme l’affirme Agir pour l’environnement : « Rien n’empêche la publication d’un rapport gouvernemental puis d’un rapport contradictoire cernant objectivement, dans le cadre de scénarios prospectifs diversifiés, la pertinence économique et les risques inhérents au développement de l’EPR en France. Ces rapports pourraient être suivis d’une conférence de citoyens permettant d’exposer objectivement les tenants et les aboutissants du prototype EPR, sans fuir les risques et les enjeux. Jamais en France ce débat n’a eu lieu, traduisant de fait une peur irrépressible des responsables politiques envers les citoyens et leur jugement sur le nucléaire en général et sur l’EPR en particulier ». Transparence qui est l’un des objectifs de la CRIIRAD.

http://www.agirpourlenvironnement.org/campagnes/c18.htm

Energie nucléaire, troisième partie. Et pendant ce temps, au parlement. (En France et en Allemagne, avec la loi sur la sortie du nucléaire)

Cadeau bonus. Les inconnus

Commentaires

  1. […] demandant une prolongation de la durée de vie des centrales à 60 ans. Une idée qui fait bondir les nucléophobes auxquels je consacrerai le prochain article de ce blog, peut-être parce que trop rock’n roll, l’idée, comme la musique de cette chanson illustrant […]