Pierre Bachelot rejoint l’INPES. « Au nom de sa mère »

L’été approche. Avec lui le baccalauréat et sa sempiternelle litanie de sujets. A l’épreuve de philosophie, il aurait pu être demandé aux candidats de répondre à la question suivante : « Le népotisme est-il républicain ? ».

En effet, Pierre Bachelot, le fils de la ministre de la santé va intégrer l’INPES (1), l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé, dès la semaine prochaine. Sa mission ? « développer une stratégie d’influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques », dit le site d’informations pharmaceutiques WK Pharma. Une nomination et un rôle confirmés par l’intéressé lui-même à Rue89.

Pierre Bachelot fournit certainement des qualifications pour disposer de ce poste. N’empêche. Un doute nous assaille. Regardons son parcours. Le Point rappelle que Philippe Bachelot a un parcours très parallèle à celui de sa mère : « L’actuelle ministre de la Santé a été députée RPR du Maine-et-Loire, puis députée européenne, ministre de l’Écologie. Pierre Bachelot a été assistant parlementaire de sa mère entre 1992 et 2002, attaché parlementaire au cabinet de la ministre de l’Écologie (de mai à juin 2002), puis conseiller parlementaire de juin 2002 à mars 2004, une fonction qu’il occupait également au cabinet de la ministre de la Santé depuis juin 2007… De 2004 à 2007, Pierre Bachelot a également été responsable des relations institutionnelles d’un groupe industriel spécialisé en environnement ». On ne sait pas ce qu’il va lui offrir pour la fête des mères dimanche, mais cela a intérêt d’être béton, et pas un vulgaire collier de nouilles séchées.

Et avant de travailler avec sa mère, il était clerc de notaire. Soit. C’est tout de même un peu gênant au pays de la méritocratie. Pas que Pierre Bachelot ne puisse pas travailler pour l’Etat ou un organisme assimilé, s’il a du talent ce serait dommage d’en priver notre pays, mais que l’organisme dans lequel il va travailler soit sous la tutelle du ministère dirigé par sa mère et que sa mission soit d’aller faire la retape auprès des parlementaires.

A l’Assemblée nationale : « Famille, je vous aime »

Pris en flagrant délit de bachelotage, à quelques jours du bac, le fils de Roselyne Bachelot risque l’opprobre de l’opinion publique, en tout cas celle qui pense encore. Il n’est pas le seul dans ces cas-là. Dans les bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat. A l’Assemblée, selon une enquête du JDD, parue l’an dernier, ce sont 15% des députés qui travaillent en famille. Sans compter ceux qui peuvent compter de l’influence, ou la bienveillance, de membres de leur entourage lors du vote de lois qui les concernent de près, comme sur les jeux en ligne. Certes des limites ont été posées en terme de salaires à l’Assemblée nationale, et au sénat, un seul collaborateur « familial » est autorisé.

« Besoin de travailler en confiance », diront les uns, « favoritisme et sa famille », diront les autres. On ne choisit pas sa famille dit la chanson, ni les couloirs du Palais Bourbon, du Palais du Luxembourg ou de l’Elysée, pour apprendre à marcher, mais on peut au moins veiller à que le développement de leur carrière professionnelle ne jette aucun doute sur les liens qu’ils entretiennent avec leur famille. Comme si aucune leçon n’avait été tirée de la controverse autour de Jean Sarkozy autour de la présidence de l’EPAD l’an passé.

1. L’INPES est un organisme en charge des campagnes de prévention sanitaire. Son site est extrêmement fourni et ses publications d’une grande qualité en terme de contenus.

Cadeau bonus. Pierre Bachelet et Pierre Bachelot sont dans un bateau, la nomination du premier tombe à l’eau, qui reste-t-il ?

http://www.youtube.com/watch?v=9ZHbqoUNalo




Commentaires

  1. […] il est beaucoup question durant les trois années de Roselyne Bachelot au ministre de la santé. Son fils a été recruté par l’INPES, pour être en charge des questions de lobbying, pendant qu’elle était ministre de la […]