Opération de numérisation des lobbyistes. « A vos claviers citoyens » pour catégoriser l’influence

Le site Internet Regards citoyens accompagné de l’organisation anti-corruption Transparency International viennent de lancer un appel aux internautes  à numériser les lobbyistes. Cela consiste à les aider à identifier les personnes qui sont auditionnées à l’occasion des rapports parlementaires. Cette opération s’appuie sur une application très fluide qui permet à tout à chacun de participer de derrière son ordinateur. Le rapport qui en découlera sera publié d’ici fin 2010-début 2011. L’opération rencontre un certains succès puisque que près de 72% des 15.000 recensées est, au 7 août, milieu de la matinée, complété… trois jours après le début de l’opération. (Maj. Ce 16 août 2010, Regards Citoyens annonce que l’opération est achevée)

L’initiative est louable même si certains précautions seront à prendre dans l’exploitation des données et des remarques méthodologiques à expliciter, pourquoi uniquement les rapports depuis 2007, comment la vérification des informations collectées par les internautes a été réalisée… Elle a, a minima, le mérite d’exister, et surtout constitue un point de départ, le premier étage d’une fusée, qui serait amenée à déboucher sur un observatoire de l’influence, comme peut l’être Open Secrets aux Etats-Unis. Surtout, c’est au niveau européen qu’un jour ce type d’investigations devra être réalisé.

Les couleurs de l’influence

Le rapport de Regards Citoyens et Transparency International mettra en évidence l’influence blanche, celle à laquelle tout le monde a accès. Une influence qui se fait parfois à la demande des parlementaires qui cherchent à collecter des informations pour se faire leur opinion. Elle est différente d’une influence grise ou même obscure. L’influence grise consisterait en une implication des lobbyistes dans le processus de décision mais de manière cachée, en catimini, de manière non-officielle, au sens les noms n’apparaissent pas conjointement comme lors des auditions parlementaires. Cela peut-être une réunion de spécialistes organisées par le lobby, une rencontre en face à face… Et puis l’influence noire, qui est elle tout à fait illégale, mais difficile à prouver, qui consisterait en la corruption de plusieurs niveaux. Il serait souhaitable que ce soit ce type d’aspects de l’influence, peu recommandable et contraire aux idéaux de justice de notre république qui soit d’abord poursuivi.

NB. Regards citoyens est également le site qui a publié récemment une enquête sur l’absentéisme des députés et les sanctions financières les accompagnant. On peut lire le compte-rendu ici.

Tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs pour ne pas tomber dans la radicalité.

Commentaires

  1. […] Ce billet était mentionné sur Twitter par Lobby, turandot. turandot a dit: RT @Lobbycratie: Numérisation des lobbyistes en France. 72% des 15.000 noms déjà catégorisés. http://bit.ly/9Z78ai […]

  2. cyberlobbyist dit :

    Pas bien saisi en quoi consiste cette opération.
    S’agit-il d’enregistrer les lobbyistes que l’on connait (dans ce cas pourrait-il s’agir de « délation » ou le formulaire est-il à remplir par le lobbyiste lui-elle même?
    Merci de m’éclairer.

  3. admin dit :

    Bonjour Cyberlobbyist. Le mieux serait de demander aux organisateurs. Voilà ce que j’en ai compris : les internautes sont invités à vérifier si les personnes mentionnées dans les rapports parlementaires ont bien été auditionnées et à quel titre et de l’indiquer sur le site Regards citoyens à partir d’une application informatique. Ces informations seront compilées pour ensuite donner lieu à une synthèse dans l’idée de déterminer de quelles organisations viennent les personnes citées, et de les catégoriser. Le mieux est d’essayer directement sur le site en question : http://www.regardscitoyens.org/lobbyistes/. Mais je pense qu’il faut de dépêcher car au 11 août à 9.21, il restait 9% des 15.000 noms à caractériser.

  4. […] avec les internautes au sujet du lobbying à l’Assemblée nationale. Nous en avions parlé à l’époque ici. Près de 3.000 internautes ont participé à ce travail de crowdsourcing, que l’on pourrait […]