4ème licence mobile. « Si tu écoutes les lobbys t’as rien compris »

L’opérateur internet Free est donc le seul à répondre à l’appel d’offres de l’Etat afin d’acquérir la quatrième licence de téléphonie mobile mise sur le marché par l’Etat. Plusieurs autres prétendants, parmi lesquels le groupe Bolloré, le câblo-opérateur Numericable, ont passé la main.

Pour Free, l’enjeu est de taille. Son marché initial, celui de l’accès à internet, devient mature. La folie de croissance de ces dernières années se calme. Sa marge brute sur ce marché est considérable. Deuxième en parts de marché, derrière Orange (France Télécom), Free doit trouver des relais de croissance. C’est en cours avec le raccordement à la fibre optique d’une partie de ses abonnés afin de leur faire profiter des services de l’internet haut-débit et gonfler leur panier moyen.

36.15 Marge brute

Après avoir fait fortune dans le business du minitel, Xavier Niel est devenu le poil à gratter des oligopoles. Son prochain défi sera de faire sa place sur le marché encombré du téléphone mobile. Orange, SFR et Bouygues se partagent un marché très lucratif : les investissements nécessaires à l’installation des réseaux sont amortis et les consommateurs sont de plus en plus mobilo-dépendants. Même la portabilité du numéro, le passage de l’un à l’autre des opérateurs, les MVNO, ces opérateurs virtuels qui utilisent les réseaux des opérateurs historiques et qui culminent à 4% de parts de marché, ou encore la baisse du tarif d’intermédiation, le coût que se facturent les opérateurs lors de la communication de l’un de leurs abonnés à destination d’un autre réseau, ne les inquiètent pas outre-mesure.

Bouygues, un lobbying en béton

L’entrée de Free par contre oui. Car la réputation, et les faits, parlent pour le nouvel entrant. Sur internet, c’est lui qui a réussi à focaliser le marché autour de son offre de prix de base 29,90 euros. Demain, on peut imaginer qu’il cherche à capitaliser sur son réservoir de clients internet pour leur proposer des offres quadruple-play : internet, téléphone fixe et mobile et télévision. Et ce d’autant que le marché est encore porteur et pour longtemps. Les usages des mobiles se multiplient (smartphone, permettent le paiement à la place de la carte bancaire, réceptionnant les chaînes de télévision…)

Dès lors qu’il a été clair qu’un quatrième opérateur ferait son entrée sur le marché français, le cartel des Trois (Les TSF, comme on les surnomme, Tout Sauf Free) a tout tenté pour en retarder l’application. Cet article de l’hebdomadaire Challenges revient sur cette histoire.

Les différentes plaintes déposées par les uns ou les autres, surtout par Bouygues d’ailleurs, ont retardé cette arrivée de deux ans. C’est toujours cela de pris. Présent au Fouquet’s le soir de l’élection présidentielle, Martin Bouygues aura réussi à faire prendre position Nicolas Sarkozy en septembre dernier : « « Je suis sceptique et réservé sur le choix d’un quatrième opérateur. Le prix le plus bas n’est pas forcément le meilleur. Il faut voir la qualité des postulants. », a déclaré le président lors d’une réunion avec des parlementaires de sa majorité. Ce qui a entraîné pas mal d’inquiétudes ici et , infondées donc.

Ich bin ton lobbyiste

De son côté, Free n’a pas été en reste. C’est au cabinet Boury et associés (qui aura également été le conseil de SFR et Bouygues sur d’autres dossiers) qu’est revenue la tâche de convaincre les parlementaires de jouer le jeu de l’ouverture du marché du mobile en France, par ailleurs fortement demandée par l’Union européenne au nom de la concurrence. Cet été l’opérateur a fait entrer dans son conseil d’administration Virginie Calmels, directrice d’Endemol. A la ville, Virginie Calmels est la compagne de François-David Cravenne, conseiller de Christian Estrosi, ministre des télécoms en plus de l’industrie, en charge du dossier de la quatrième licence. Directeur général de Free, Maxime Lombardini a lui été chargé de porter la bonne parole, en bon évangéliste.

Même si Xavier Niel n’hésite lui non plus à mouiller sa chemise.

Dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point en septembre 2008, Xavier Niel promettait de diviser par deux la facture mobile des français. On le sait depuis longtemps, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Le P-DG d’Illiad tiendra-t-il parole ? On le saura d’ici un an.

Cadeau bonus. Spécial Crétin.fr

Commentaires

  1. […] sait les opérateurs très enclins à éviter l’arrivée de nouveaux entrants sur leurs marchés. La prochaine arrivée de Free dans les télécommunications mobiles l’a monté. On sait aussi toute la puissance qu’ils sont […]

  2. […] Condamnés pour entente illégale, Orange, Sfr et Bouygyes n’ont eu de cesse de combattre pour retarder le plus possible l’arrivée de Free dans la téléphonie mobile. En multipliant les recours juridiques, et les chausses-trappes, “la bande des trois” a retardé de deux ans au moins l’entrée de Free sur le marché. Deux ans de chiffre d’affaires … […]